Bespreking:Puerto Ricaanse Onafhanklikheidsparty

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Titel[wysig bron]

Goeie Griet! Moet hierdie nie eerder "onafhanklikheidsparty" wees nie? Anrie 10:20, 3 Maart 2008 (UTC)

Ek stem saam ... het dit sommer geskuif ... en toe weer spefout gemaak ... dit is hopelik nou reg :) Arnobarnard (kontak) 08:29, 20 Augustus 2008 (UTC)

Sources de langue française[wysig bron]

  • James Cohen, Département de science politique et groupe de recherche « Histoire des Antilles hispaniques », université Paris-VIII.
LE MONDE
"CONTRE UNE BASE NAVALE AMÉRICAINE"
Désobéissance civile à Porto Rico
<<Depuis avril 1999, un fort mouvement de contestation réclame la fermeture de la base navale située dans la petite île de Vieques (Porto Rico). Cette mobilisation sans précédent contre l’envahissante présence militaire américaine, menée tant à Porto Rico que dans la diaspora portoricaine aux Etats-Unis, pourrait affecter durablement la relation entre Washington et son « Etat libre associé » caribéen.
Par James CohenCréée en 1941, la base militaire navale américaine de Vieques couvre les deux tiers de la superficie de cette petite île (135 kilomètres carrés), située à 10 kilomètres de la côte est de Porto Rico. Partie intégrante de l’Atlantic Fleet Weapons Training Facility, cette installation représente, pour les forces navales américaines, une zone d’entraînement qualifiée d’indispensable, grâce notamment aux possibilités qu’elle offre de réaliser des manoeuvres « air-terre-mer (1) ».
Prise en sandwich entre une zone de tir et une aire de stockage de munitions, la majorité des 9 400 habitants de Vieques conteste la présence des forces navales, qu’elle accuse, études scientifiques à l’appui, d’avoir provoqué de sérieux dégâts écologiques et une sensible dégradation de sa santé. Le thème du bruit assourdissant des bombes revient fréquemment parmi les griefs formulés. Un taux de cancer anormalement élevé - 27 % de plus que dans le reste de Porto Rico - a été détecté en 1999 (2). Par ailleurs, alors que la population de Vieques est nettement moins prospère que celle de l’île principale, les militaires ont créé peu d’emplois pour les autochtones.
Les protestations des habitants de Vieques, aussi anciennes que la base elle-même, ont déjà atteint plusieurs fois Washington. Mais les événements du 19 avril 1999 ont été décisifs dans l’évolution du mouvement. Ce jour-là, une bombe égarée, larguée par un F-18 à plusieurs centaines de mètres de sa cible, a coûté la vie à un employé civil de la base, David Sanes, et blessé trois autres personnes.
Après l’accident, les exercices militaires ont été suspendus en attendant les résultats d’une délibération, conduite en plusieurs étapes, entre le gouvernement portoricain et les autorités militaires, sous les auspices du président William Clinton et de son secrétaire à la défense, M. William Cohen. Mais, pendant ce temps, la contestation s’est organisée. Des militants ont pacifiquement occupé des zones de tir jusqu’au 4 mai dernier, jour où plus de deux cents d’entre eux ont été arrêtés (et relâchés quelques heures après).
Dans leurs rangs se trouvaient deux élus portoricains de la Chambre des représentants, Mme Nydia Velásquez, de Brooklyn, et M. Luis Gutiérrez, élu de Chicago connu pour ses sentiments indépendantistes. Figurait également M. Rubén Berríos Martínez, président du Parti indépendantiste portoricain (PIP), qui avait sacrifié son siège au Sénat portoricain pour passer dix mois à Vieques et incarner la résistance aux militaires. Le même jour, à Washington, M. José Serrano, élu du Bronx, était arrêté près de la Maison Blanche avec une pancarte réclamant « La paix à Vieques ».
Le revirement du gouverneur
Avec quelques dizaines de militants, M. Berríos poursuit avec détermination la voie de la désobéissance civile. Une deuxième arrestation, le 10 mai, lui a valu une inculpation pour entrée non autorisée dans la zone militaire, accusation dont il aura à se défendre devant un juge fédéral dans quelques mois.
Ces protestations n’ont pas empêché le retour annoncé des forces navales et la reprise des tirs dès le 6 mai. Cependant, la réinstallation des militaires ne sera pas nécessairement définitive : les négociations conduites sous l’autorité de M. Clinton ont abouti à une « directive » présidentielle qui, si elle est suivie d’effet, autorisera les militaires à poursuivre leurs exercices jusqu’en 2003, en se limitant désormais à l’usage de bombes et des projectiles « inertes » (non explosifs).
Les habitants de Vieques voteraient dans un référendum local avant mai 2001, afin de décider si les forces navales peuvent rester au-delà de ces trois années. En l’état actuel de l’opinion à Vieques, il est certain que les militaires perdraient un tel référendum et seraient obligés de partir (3).
Le plan de M. Clinton prévoit également le retour échelonné d’une partie des terres aux habitants et une allocation fédérale de 40 millions de dollars pour la réparation des dégâts écologiques et l’étude de projets de développement économique. Au cas (improbable) où les militaires gagneraient le référendum, l’Etat fédéral verserait 50 millions de dollars à titre de « compensation » pour les difficultés imposées par l’accueil de la base.
Pendant les six mois qui ont suivi l’accident du 19 avril 1999, une rare unité s’est forgée en faveur de « la paix à Vieques ». Le caractère humanitaire, écologique et pacifique du mouvement s’est imposé à des Portoricains de toutes les sensibilités politiques, par-delà les clivages habituels, notamment à propos de l’avenir de la relation de l’île avec les Etats-Unis. Les plus importantes Eglises portoricaines sont impliquées dans la lutte, que l’archevêque de San Juan, M. Roberto González Nieves, soutient avec ferveur. Le révérend Jesse Jackson, ancien compagnon de Martin Luther King Jr, a fait une brève apparition dans un campement illégal en septembre 1999 (4), parmi de nombreux autres Américains qui ont manifesté leur soutien. Tous s’accordent pour juger que la mort de David Sanes n’est que le résultat prévisible d’une violence institutionnalisée qui empoisonne l’existence des habitants depuis longtemps.
Cependant, cette puissante dynamique unitaire s’est brisée fin janvier. La rupture a été précipitée par l’apparent « virage » du gouverneur portoricain, M. Pedro Rosselló, lorsque, le 31 janvier 2000, il a accepté les termes de la directive de M. Clinton. Bien que M. Rosselló se défende d’avoir changé d’orientation, il est perçu par une partie des militants de « la paix à Vieques » comme ayant « trahi » l’esprit du mouvement en admettant de nouveaux tirs, fût-ce temporairement.
M. Rosselló et M. Clinton ont clairement d’autres préoccupations que celles des militants de la désobéissance civile : leur principal souci est d’éviter un conflit trop frontal avec les militaires. Les forces navales ont fait preuve, il est vrai, d’une certaine souplesse, en acceptant que leur retour, début mai, soit provisoire et en admettant le principe d’un référendum pour décider de leur maintien ou de leur retrait. Cependant, l’accord pourrait se révéler fragile, car il rencontre deux sortes d’opposition, politiquement contraires mais, en l’occurrence, convergentes : celle des partisans du départ inconditionnel de la base et celle d’un groupe d’élus républicains au Congrès qui défend avec zèle les intérêts du Pentagone en menaçant de bloquer le financement de l’accord et le retour prévu des terres.
Cette droite, qui inclut des personnages aussi influents que MM. John Warner, président de la commission des forces armées du Sénat, et Trent Lott, président du Sénat, aimerait imposer le maintien inconditionnel de la base de Vieques. Elle pourrait être tentée également de priver l’Etat libre associé (ELA) (5) de certaines sources de fonds fédéraux et de conditionner à l’acceptation de leur ordre du jour tout soutien financier futur de Porto Rico par le Congrès.
La controverse autour de l’accord reste également marquée par les clivages entre Portoricains à propos du destin du pays. M. Rosselló est membre du Parti néoprogressiste (PNP), qui prône l’incorporation de Porto Rico dans l’union fédérale des Etats-Unis (thèse soutenue par 46,5 % des électeurs au référendum du 13 décembre 1998). Cet engagement politique du gouverneur radicalise le discours d’une partie de ceux qui critiquent son action à propos de Vieques. Il est cependant indéniable que de nombreux militants du PNP participent activement au mouvement pour « la paix à Vieques » avec la même ferveur que leurs adversaires politiques.
Pour les indépendantistes, la lutte pour la fermeture de la base navale est sans conteste une question de principe, mais aussi d’opportunité politique. Toutes tendances confondues, du modéré Parti indépendantiste portoricain (PIP) aux petits groupements professant un nationalisme plus radical, les partisans de la souveraineté nationale n’ont pas dépassé 5 % de l’électorat ces dernières années. Avec la dynamique créée autour de Vieques, le PIP espère augmenter légèrement son score. Cependant, si la détermination de M. Berríos est admirée par des citoyens qui couvrent toute la gamme politique, y compris dans les rangs du PNP, le président du PIP est moins suivi quand il lance, comme il l’a fait récemment, « aujourd’hui Vieques, demain tout Porto Rico (6) », tant il est vrai que la majorité des Portoricains adhèrent à l’idée d’une nation portoricaine de manière plus culturelle que politique.
Le principal parti d’opposition, le Parti populaire démocratique (PPD), défend historiquement l’Etat libre associé tout en hébergeant une minorité autonomiste. La candidate PPD au poste de gouverneur, Mme Sila Calderón, actuelle maire de la capitale, San Juan, a changé plusieurs fois de tactique et de discours sur Vieques. En participant parfois à des actions symboliques de désobéissance civile ou en recherchant un accord négocié à d’autres moments. Cependant, au fur et à mesure qu’approchent les échéances électorales, il lui paraît plus payant de dénoncer « l’opportunisme » du gouverneur Rosselló à propos de Vieques et d’accorder un satisfecit moral aux indépendantistes. Ce n’est pas la première fois que le PPD s’allie tactiquement à ces derniers afin d’alimenter des poussées de sentiment collectif dont le PPD récolte, presque seul, les bénéfices électoraux, la représentation parlementaire de l’indépendance étant limitée à 2 sièges dans les assemblées législatives de l’ELA (un sénateur, un représentant). Le PPD, lui, contrôle actuellement 8 places au Sénat et 16 sièges à la Chambre des représentants.
Le PNP, qui compte 19 sénateurs et 37 représentants, fonde évidemment sa lutte pour la démilitarisation de Vieques sur d’autres bases politiques. Pour M. Rosselló, ce mouvement exprime la lutte pour l’égalité des droits, dont les Portoricains devraient bénéficier au même titre que tous les citoyens des Etats-Unis (7). Un langage similaire est employé par de nombreux habitants de Vieques. Pour la plupart des militants du PNP, il ne s’agit pas de refuser le militarisme nord-américain en tant que tel, mais les abus graves commis à Vieques en particulier.
De plus en plus de Portoricains admettent que l’actuelle relation d’association, qui date de 1952, conserve des traits de domination coloniale - le comportement des forces navales à Vieques en est l’éclatante illustration - et qu’il faudrait définir une relation plus équitable.
Même si la solution prônée par M. Clinton est rejetée sans appel par une partie des militants de la paix, le départ immédiat des forces navales n’est pas à l’ordre du jour. C’est pourquoi des émissaires du PNP font actuellement un travail de lobbying sans relâche à Washington pour inciter le Congrès à approuver le plan négocié. L’actuel parti de gouvernement n’est d’ailleurs pas seul à s’en soucier : un ancien gouverneur du Parti populaire démocratique, M. Rafael Hernández Colón, a exprimé récemment sa conviction que cet accord est « le seul tangible », « le seul qui puisse aider les habitants de Vieques (8) ». C’est la position défendue également par la League of Latin American Citizens (Lulac), un influent groupe de pression hispanique (9).
Selon M. Hernández Colón, la désobéissance civile ne peut qu’inciter le gouvernement des Etats-Unis à respecter son propre accord, même si une frange de militaristes conservateurs cherche ouvertement à le saboter. La suite des événements dira si l’ancien gouverneur voit juste...>>
-James Cohen.

Édition imprimée — juin 2000 — Page 7